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Découvrir, faire, créer… Et se sociabiliser!

Par eboyer le 23 octobre 2008 3 commentaires

L’école SL existe depuis un an et demi maintenant. De quoi s’agit-il, exactement ? Selon son directeur, Lancelot Joubert (ingénieur logiciel dans la vraie vie), et l’une des enseignantes Rafale Kamachi (rédactrice technique et scénariste à son compte), c’est une école francophone, gratuite, et ouverte à tous, dont le but est l’aide à la création et à la réalisation de projets en terme de build, scripts, particules, retouche photo (sur photoshop ou the Gimp) pour les textures, streaming (pour ceux qui voudraient devenir DJ, chanteur ou chanteuse in world), etc.
Mais pas seulement ! « On y donne aussi des cours de théâtre pour le RolePlay, ou des cours de Marketing, qui permettent à nos étudiants de bien cibler ce qui est réalisable et rentable sur Second Life. Car il y a des pièges à éviter, qui bien souvent, ont été tendus par les médias ! SL n’est pas l’eldorado qu’ils ont présenté : à ma connaissance, il n’y a qu’Anshe Chung qui y ait fait fortune. »
D’ailleurs, puisqu’on aborde le côté pécuniaire de la chose, l’école SL -entièrement tenue par des bénévoles passionnés- fonctionne grâce aux dons, aux « tips » (petits pourboires donnés « avec le cœur » par les élèves), ou au mécénat. « Ces mécènes sont souvent des créateurs qui ont réussi sur Second Life, et qui à leur tour nous donnent un coup de main pour valoriser de nouveaux créateurs », se réjouit Lancelot Joubert.

Entraide et partage

Bien sûr, cette école représente beaucoup de travail, et beaucoup d’investissement en termes de temps. « Mais nous avons une vie réelle, et une vie SL », précise le directeur. « Pour nous, c’est une activité et un lieu de rencontre comme un autre ».
Actuellement, les cours (entre 35 et 40 heures par mois) se font plutôt en début de soirée sur l’île Yedo Taito (152/149/30). Mais l’école SL devrait déménager sous peu.
Le principe : pas de bâtiments, pas de chaise ni de bancs « scolaires » ! Les cours sont dispensés « en plein air » au cœur de la forêt. Il suffit juste de cliquer sur les arbres pour faire apparaître un champignon, une nappe, un feu de camps, et l’ambiance de cette école libre et sans contrainte est posée ! « Chacun est libre d’assister aux leçons, d’en partir comme bon lui semble… Nous faisons voir à nos élèves les principes de base, puis on les leur fait appliquer, pour qu’ensuite ils puissent créer leurs propres versions»,  rappelle le « directeur », qui souhaite déléguer  les responsabilités avec ses 18 professeurs.
Enfin, pour ceux qui se demanderaient encore ce que sont les fameux « cours de bidule » de Lancelot Joubert, il s’agit d’un enseignement multi-matières visant à montrer que la création dans SL n’est pas si difficile. « Lors de mon dernier cours, il fallait réaliser un avatar-carotte ! Tu vois, ce n’est pas une école qui se prend au sérieux, mais on fait des choses utiles, et qui dispensent même un certain facteur de réussite -en terme de vie sociale- à ses élèves… » Certains psychiatres sont prompts à reconnaître l’effet de sociabilisation de Second Life, et utilisent même l’outil avec leurs patients.

Un rôle de sociabilisation

Pour Rafale Kamachi, il est évident que l’école SL a une utilité dans ce domaine précis. Et ce ne sont pas les 1036 membres actifs du groupe qui la contrediront ! « Beaucoup de gens ont des problèmes de sociabilisation et d’intégration dans la vraie vie. Sur SL, ils peuvent retrouver un univers qu’ils ont construit, et ça leur permet de retrouver aussi une certaine estime d’eux-mêmes, de s’y affirmer ou de se découvrir des talents qu’ils ne soupçonnaient pas, de mieux gérer leurs difficultés sociales, voire de se réconcilier avec leur vraie vie. »
En effet, il n’est pas rare que Rafale -qui avoue volontiers son petit côté Saint-Bernard- ait des « protégés », qu’elle tente de rattraper. Car à l’instar de ce jeune homme qui ne pouvait pas communiquer, ou de cette jeune femme agoraphobe, certains repartent vers la vraie vie grâce à ce travail fait dans SL. « Ici, on leur propose de voir le jeu autrement que d’une façon suicidaire ou destructrice. L’autre risque, c’est que la réalité virtuelle devienne la réalité tout court. Alors on leur rappelle que la vraie vie n’est pas ici. SL est comme un grand bac à sable, où quoi qu’il arrive, il y a toujours des portes de sortie. On n’y meurt pas. Il y a des choses très glauques qui s’y passent, mais on n’est pas obligé de les ramener dans la vraie vie. »
Il y a des dangers sur Second Life, certes, mais il y a aussi des choses très positives. Et c’est une des vocations de l’école SL que de partager ces dernières, par l’entraide.

EHB.

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3 commentaires »

  • Philippe Chaplin dit :

    Bravo pour un article objéctif, longue vie à l’école SL, est pour ceux qui veulent voir plus de photos:
    http://www.flickr.com/photos/philippe_chaplin/sets/72157607442537972/

    Ou voir le site de l’école c’est ici:
    http://ecole-sl.com/default.aspx

  • While Swot dit :

    Bonjour,

    Un grand merci à toute l’equipe de l’école SL. Je dois dire que j’ai rarement rencontré un groupe avec autant d’ecoute et d’entraide.

  • Cassiopée dit :

    Je viens de commencer à suivre les cours de l’école, et je n’ai qu’un envie, continuer ! L’espace de créativité qu’offre SL est immense et ces cours nous donnent la base technique indispensable pour donner libre cours à notre imagination. L’état d’esprit de l’école est tout ce que j’aime sur SL, l’échange, la solidarité, la liberté. Merci et bravo !

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