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Sail Away : histoire de pirates, affaire de femmes…

Par eboyer le 24 octobre 2008 4 commentaires

Rafale Kamachi est rĂ©dactrice technique, et scĂ©nariste. Outre son implication dans l’école SL, elle est en train de mettre en place un très gros projet : le tournage d’un film nommĂ© « Sail Away » sur Second Life, d’après un scĂ©nario qu’elle a elle-mĂŞme Ă©crit, sur la vie qu’aurait eue la pirate Anne Bonny Ă  sa sortie de prison, si elle n’avait pas mystĂ©rieusement disparu… Rafale a donc reçu Montparnasse Belgar sur son Ă®le, Remember 130/40/21, vĂ©ritable studio de cinĂ©ma virtuel…

Montparnasse Belgar : Qu’est-ce que « Sail Away » ?
Rafale Kamachi : Sail Away c’est une histoire dont l’hĂ©roĂŻne est Anne Bonny. L’histoire dĂ©marre lĂ  oĂą les archives sur sa vie s’arrĂŞtent, donc c’est une totale fiction qui reprend des Ă©lĂ©ments de sa vie ! C’est un scĂ©nario que j’ai Ă©crit il y a deux ans, pour le plaisir, et dans la foulĂ©e d’un autre long que je venais de terminer pour une boite de production Galloise. J’avais envie d’Ă©crire une histoire de femme, dans l’intention de le faire produire. Il a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© Ă  quelques maisons de production capables de financer un tel bazar, avec un budget de l’ordre de 300 millions de dollars !

MB : Hein ? Mais tu comptes faire une grosse production hollywoodienne à la « Pirates des Caraïbes », ou quoi ?
RK : Non, l’histoire est totalement diffĂ©rente. « Pirates des Caraibes », c’est pour les enfants, et « Sail Away » c’est une histoire d’adulte ! En fait, c’est la vie de cette femme qui m’a passionnĂ©e au dĂ©part. Je la trouvais très moderne, une femme qui Ă  son Ă©poque Ă  fait ses choix et les a assumĂ©s. Et je me suis demandĂ©e ce qui lui serait arrivĂ© si elle Ă©tait sortie de prison… Qu’est-ce qu’elle aurait fait ? C’est comme ça que l’histoire est nĂ©e. Je lui fais vivre ? un tas de choses, et aussi un voyage intĂ©rieur. C’est une revanche sur sa vie rĂ©elle, sans tomber dans le pathos. J’ai visĂ© une aventure de type Hollywood annĂ©es 50, du temps ou l’on faisait des Ă©popĂ©es…

MB : D’accord, mais quel est le rapport avec Second Life ?
RK : Je me suis dit : “et pourquoi pas sur SL ?” Il y a les outils pour !  Je me suis dit que ça pourrait ĂŞtre possible d’y produire ce scĂ©nario. Évidemment pas avec la qualitĂ© d’un film RL, et diffĂ©remment d’un dessin animĂ©, mais ici, avec les avatars, en buildant tout ce qu’il faut pour le film, etc. Donc il y a quelques mois, j’ai commencĂ© Ă  constituer une Ă©quipe. Sur le site, tu verras qu’il y a des builders, des costumiers, des rĂ©alisateurs, etc. C’est la grosse cavalerie, mais Ă  Ă©chelle SL tout de mĂŞme. Il n’en reste pas moins qu’il y a un Ă©norme travail de prĂ©paration Ă  faire, et tout le monde est bĂ©nĂ©vole sur ce projet. Il y a 20  personnes directement impliquĂ©es dans les build, scripts, animations, costumes. Ce sont ceux qui bossent pour le moment. Ensuite il y a un pool de 25 acteurs, et deux personnes dĂ©diĂ©es Ă  la communication…

MB : Lorsque tu parles d’animations, tu veux dire qu’il y aura des combats, des explosions, et tout ça?
RK : Oui ! Et de l’amour en prime ! Il y aura une scène d’amour très importante dans le film. Le rĂ©alisateur en charge a fait quelques essais, mais ce n’est pas encore ça. Pas encore assez subtil. Tu verras un essai sur le site web. Il y a encore des progrès Ă  faire, mais c’est le but de ces scènes test. LĂ , seul Cisko Vandeverre contribue. J’attends les tests des autres rĂ©alisateurs.
Viens, on va se balader : il y plein de décors que tu peux visiter ! On va démarrer par les plus anciens…

(Rafale Kamachi fait asseoir Montparnasse Belgar sur une barge volante, et les deux avatars s’envolent pour une plateforme dans le ciel, où se trouvent quelques décors).
RK : Ici, il y a diffĂ©rents dĂ©cors pour diffĂ©rentes scènes. Il y a une prison (l’une de celles qu’Anne Bonny frĂ©quente dans l’histoire) et Ă  cĂ´tĂ©, le presbytère. LĂ , c’est Spanish Town. C’est ici se passent les premières scènes du film, qui servent de jointure entre la vraie vie de Anne et la fiction que l’on va voir. LĂ  tu vois les chats et l’âne ? C’est Une boutique animalière qui m’a donnĂ© des animaux pour donner de la vie. Et ce sont de futurs acteurs, Ă©videmment…
Deux builders (Alma Preminger et Romtherom Freenote) travaillent plus particulièrement à ces décors. Je révise tout : décors, costumes, armes, etc. Ici, il faut que je me remette un peu au travail…

(Rafale Kamachi se rend sur le site où se trouvent les décors de Puerto Rico, et téléporte Montparnasse Belgar qui s’extasie devant la qualité indéniable du travail qui lui est présenté.)
RK : Puerto Rico est un endroit clĂ© de l’histoire. Il se passe beaucoup de chose dans ses ruelles. Mais moi, ce que j’aime, c’est voir la progression dans la maturitĂ© : tout Ă  l’heure tu as vu Spanish Town. Ici c’est fait par le mĂŞme builder ! On sent qu’il est plus sĂ»r de lui, hein? Et certains endroits sont dĂ©jĂ  “meublĂ©s”, comme cette auberge.

(Rafale Kamachi se téléporte à nouveau sur l’île, et invite Montparnasse Belgar à le rejoindre.)
RK : Ici, c’est Port Royal. Tu peux voir les trois bateaux qui sont terminĂ©s. Et il y en a deux autres Ă  venir. Ils ont Ă©tĂ© fabriquĂ©s par Nemesis Wemyss, Mimi78 Slade, et moi-mĂŞme. Ce Sloop est un Ă©lĂ©ment essentiel du film. C’est le bateau d’Anne.
Evidemment les canons marchent. Ce bateau est prĂ©vu pour avoir aussi des rames. Il y a nĂ©anmoins très peu de batailles dans l’histoire. Anne est beaucoup plus rusĂ©e : elle s’en fourre plein les poches sans mettre trop en danger son petit rafiot. Elle a juste une tactique d’approche qui est… diffĂ©rente !
Le bateau est maintenant en vente, comme tous les produits dérivés du film (tous les builds, décors, costumes, meubles etc. seront éventuellement à vendre.), qui serviront à financer l’île… Les builders vont récupérer des sous, et moi je prends 25%. Tout sera sous le label Sail Away.

MB : La ville a une atmosphère différente…
RK : Oui, car elle a eu un constructeur différent (Alma Preminger). Ici nous sommes en 1721. 30 ou 40 ans après, Port Royal a été à moitié détruite dans un tremblement de terre… Et ce n’est pas qu’un décor vide : l’église par exemple, est meublée !
Viens, on va faire une halte dans la grotte. Elle ne sert pas au film, Mais c’est un bon endroit pour les visiteurs, et que beaucoup aiment. Je l’ai buildĂ©e au dĂ©but, lorsque j’ai fait cette Ă®le, pour attirer du monde. On y a fait un concours d’avatars il y a deux semaines. Il fallait des looks rĂ©alistes, avec de chouettes skins et de bonnes shapes, pas bodybuildĂ©es, ou siliconĂ©es… Les trois plus beaux ont le droit de faire partie d’une scène dans leur propre shape et skin, en tant que figurant, Ă©videmment !
Au fait, là, ce sont des avatars que Romtherom Freenote a préparés. Je les retravaille en ce moment. Enfin certains, comme les gardes anglais…

(Rafale Kamachi change d’apparence pour montrer à Montparnasse Belgar à quoi ressembleront certains personnages clés de l’histoire.)
MB : Tu as conçu tes personnages en pensant à des acteurs connus? Je trouve que ton Anne Bonny a un faux air d’Uma Thurman…
RK : MĂŞme pas : je cherche des visages et des formes de corps qui soient un peu rĂ©alistes et pas trop beaux non plus. Comme Anne, que tu vois ici, j’ai mis du temps Ă  faire la « shape », mais lĂ  ça reflète bien son personnage.
Lui, c’est le hĂ©ros espagnol. Il apparait un peu plus tard dans l’histoire. Il s’appelle Mateo Mendez de Aranda. J’ai eu du mal Ă  le faire celui lĂ , mais surtout pour lui trouver la bonne « skin » ! Il est un peu plus jeune que dans l’histoire, mais ça ira… Lui comme Anne, je les ai passĂ©s aux votes, pour voir quelles Ă©taient les rĂ©actions. Maintenant, j’ai deux hĂ©ros qui plaisent aux hommes comme aux femmes !
Voici un bien graisseux ! C’est le superintendant de la prison de Spanish Town : une belle ordure, vicelarde Ă  souhait ! Mais bon… Dans peu de temps, deux ou trois semaines, tout au plus, on va faire une prĂ©sentation officielle des avatars qui seront terminĂ©s. Une opĂ©ration « promotion », pour faire parler du projet ! Tu sais, il y aura environs une centaine d’avatars, tous entièrement fabriquĂ©s par l’Ă©quipe.

MB : Mais dis-moi, on dirait que l’île entière est dédiée à ce projet ! A qui appartient-elle ?
RK : l’ai achetĂ©e pour pouvoir hĂ©berger tout ça. Au dĂ©part tout le monde me trouvait dingue,  alors j’ai achetĂ© une ile. Sinon ce serait impossible d’hĂ©berger tous les dĂ©cors, et d’avoir un endroit stable de travail. Car c’est un double travail, sur SL et en RL, et ça me coĂ»te cher !J’y travaille depuis juillet, et j’y consacre en moyenne quatre heures par jour…

MB : Bon sang, quelle usine à gaz ! Et tu arrives à avoir une vie RL avec tout ça?
RK : Je fais comme je peux (rires) ! Il faut aussi que je gagne ma croute comme tout le monde. Mais je serai contente quand on arrivera au bout de tous les builds, et que l’on pourra commencer Ă  tourner ! Ça voudra dire que le plus gros du boulot sera terminĂ©. Heureusement qu’il y a une bonne Ă©quipe ! Et tout le monde est dans le mĂŞme sac hein ? Tous on une vie RL, et donc y mettent le temps qu’ils peuvent… Nous passons beaucoup de temps ensemble aussi,  pour discuter de quoi faire, et comment. Ça se fait in world, car ils sont tous dans des rĂ©gions diffĂ©rentes : l’une est Ă  Londres, l’autre dans le sud de la France, une autre en Hollande, trois autres en Allemagne, etc.

MB : Pour le tournage, comment et quand cela va-t-il se dérouler ?
RK : Pour le moment, nous avons quatre rĂ©alisateurs machinima, mais j’en cherche d’autres, vu que c’est un gros morceau. On n’est pas encore prĂŞts, mais dans un avenir proche, d’ici un Ă  deux mois environ, je pense qu’on pourra commencer le tournage…
De plus, en Real Life, une compositrice s’occupe de la musique, et des acteurs connus devraient doubler les voix. Pour le moment, je n’en cherche pas vraiment (j’ai dĂ©jĂ  assez de mal Ă  bosser sur le projet), mais je pense qu’on aura plus de chances d’en trouver, au fur et Ă  mesure qu’on nous connaĂ®tra. A la fin, il y aura un traitement en post production, comme sur les dessins animĂ©s, pour mixer le tout…

MB : Si l’on considère la somme de travail dĂ©jĂ  engagĂ©e, et celle qui reste Ă  produire, peux tu dire si ce film SL est devenu une fin en soi, (avec en prĂ©vision un mode de distribution et de commercialisation), ou est il destinĂ© Ă  n’ĂŞtre qu’une sorte de “dĂ©mo”, Ă  l’attention des fabriques de Block-Busters Hollywoodiens?
RK : Le film est et Ă  toujours Ă©tĂ© une fin en soi, dans la mesure ou j’aime bien finir ce que j’entreprends. Ensuite… oui bien sur, j’ai bien l’intention de prĂ©senter aux TV et Ă  tout distributeur intĂ©ressĂ© (mais c’est un peu tĂ´t pour se pencher dessus) et pour cela je commence Ă  constituer une Ă©quipe dĂ©diĂ©e. Clairement, le moment venu je mettrai le film sur IMDB (International Movie Data Base).
Quant Ă  Hollywood… Heu … Oui cette histoire pourrait devenir un block buster. Elle a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e Ă  une major et Ă  HallMarks Production. La major a dit qu’un film de pirates c’est cher et difficilement marketable (ils ont du manger leur chapeau Ă  la sortie de Pirates des CaraĂŻbes) et HallMarks m’a rĂ©pondu qu’ils venaient de finir BlackBeard et que donc les films de pirates… Mais ce n’est pas vraiment ce que je vise.
Ce qui m’intĂ©resse c’est le projet en lui mĂŞme et que tout ceux qui y travaillent soient fiers d’en faire partie. C’est un projet prĂ©curseur donc tout le monde RL est Ă  la fois intĂ©ressĂ© et frileux. A nous de prouver que l’on peut faire un machinima long mĂ©trage qui tienne la route, avec une vraie histoire qui soit autre chose qu’une bĂŞte suite linĂ©aire dont on peut prĂ©dire la fin dès les premières images.

Pour en savoir plus : le site Officiel du projet “Sail Away”
Visiter l’Ă®le Remember

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